Le marché du Personal Finance Management (PFM), né aux Etats-Unis dans les années 2000 prend de l’ampleur en France. Imaginés par les Fintechs, ces services apparaissent de plus en plus dans l’offre des banques.

Un service au cœur des usages

Les services de PFM promettent à leurs clients de simplifier et d’optimiser leur gestion financière au quotidien. Pour ce faire le PFM s’articule autour de quatre fonctions essentielles :

  • La centralisation de l’ensemble des comptes et des flux bancaires (entrants et sortants)
  • La catégorisation des dépenses par origine (Logement, Alimentaire, Shopping,…)
  • Le calcul de la capacité d’épargne mensuelle au regard des entrées et sorties.
  • La mise en place d’alertes paramétrables concernant l’évolution de la situation financière (Solde, Virement, etc..)

Grâce à des outils innovants et une expérience utilisateur optimisée, ces services veulent offrir une réponse unique au besoin croissant des Français de suivre leurs dépenses et d’en optimiser la gestion. Selon un sondage OpinionWay réalisé en 2015, ils seraient 75% à se fixer des limites de dépense et 90% à déclarer suivre très régulièrement leurs comptes.

Le besoin est réel et l’objectif à terme est de s’immiscer complétement dans le quotidien des clients pour remplacer peu à peu les services de consultation des comptes classiques.

Dynamisé par une multitude de startups innovantes

Prometteur et à caractère stratégique, ce marché relativement « facile d’accès » (point du vue financier et technique) attire de nombreuses Fintech.

Ces startups proposent leur service directement aux clients au travers d’une application web ou mobile ou auprès des banques en marque blanche. Leur objectif est de détourner les clients des applications bancaires classiques en leur proposant un outil mieux adapté à la gestion budgétaire au quotidien.
Un élément fort et commun à tous ces acteurs consiste en la possibilité d’agréger en un seul endroit tous les comptes détenus dans une ou plusieurs banques. Un atout évident, sachant qu’une majorité de français sont multi-bancarisés (2,1 Banques en moyenne par habitant).

Plutôt dense, ce marché peut être caractérisé selon 4 catégories d’acteurs :

  • Les leaders : Ce sont des services éprouvés, bien établis sur leur marché et avec une base de clients conséquente. Nous pouvons notamment citer Mint aux Etats-Unis, Bankin ou encore Linxo en France.PFM
  • Les Challengers : acteurs connus avec une croissance significative, ils tentent de se démarquer avec des fonctions innovantes et différentiantes qui complètent l’offre classique de gestion financière. C’est le cas par exemple de MoneyDOc avec son service de gestion documentaire
  • Les niche players : « one size fits all » n’est pas leur devise en matière de PFM et offrent donc un service spécifique à une typologie de clientèle bien précise. Cakehealth spécialiste des dépenses de santé et ma1eretirelire destinés aux enfants en sont deux exemples
  • Les Visionnaires : regroupe des acteurs très innovants qui essaient de se démarquer des outils actuels en offrant une approche différente du PFM. Penny et son assistante virtuelle interactive ou encore la « timeline » de Tink font partie de ces nouveaux services.

Quelle réaction des banques ?

Les banques en ligne ont été les premières à introduire le PFM en France. Boursorama a été précurseur sur ce marché avec Moneycenter en 2010 suivi par Fortuneo et son application « Budget par Fortuneo » en 2011.
Ces banques positionnées sur l’expérience 100% digitale ont vu dans les services de PFM un moyen d’appuyer leur différence avec  l’offre des banques traditionnelles et d’acquérir de nouveaux clients.
Pour proposer un service performant, et multi-banques elles ont noué des partenariats avec des solutions packagées proposées par des spécialistes tels que Linxo ou Strands Finance.

La réaction des Banques traditionnelles a quant à elle était plus tardive. Ce n’est que depuis quelques années que certaines d’entre elles ont intégrés des services se limitant souvent à la  simple catégorisation de dépenses et nécessitant encore trop régulièrement une intervention manuelle du client. Généralement développés en interne, ces services, directement intégrés dans l’application principale, sont limités aux seuls comptes détenus au sein de la banque.

Que peut-on en conclure ?

Les services PFM, s’ils réussissent à fournir une vision globale de la situation financière des clients et à leurs proposer des indicateurs facilitant et optimisant la gestion budgétaire, remplaceront probablement à terme la consultation des comptes classique.

Si les start-ups semblent avoir pris une longueur d’avance sur ce marché, les banques en ligne se sont rapidement positionnées en nouant des partenariats stratégiques.
L’offre actuelle de PFM des banques traditionnelles, n’est en revanche pas suffisante pour répondre aux attentes de vision globale des clients.
Pour ne pas risquer de voir leurs clients se détourner peu à peu de leurs applications bancaires, un outil stratégique pour la fidélisation des clients, elles devront ouvrir davantage leur système et proposer des services plus aboutis.
L’intérêt est double car au-delà de simplement conserver ses clients sur son application, la banque pourrait ainsi renforcer sa position de conseil vis-à-vis de ses clients.

Sur ce constat, il reste à se demander qui, des services de PFM ou de la banque, aidera l’un à décoller ou poussera l’autre à se transformer.